jeudi 24 mai 2012

Xavier Bertrand, un ami qui vous veut du bien (1/2)


La défaite de Sarkosy à la Présidentielle à peine consommée, la campagne des législatives commence. Pour l’UMP, ces élections risquent de s’avérer difficile, non seulement parce que la gauche semble en position de force pour obtenir une majorité, que le FN est manifestement susceptible de faire trébucher les candidats UMP dans un nombre considérable de circonscriptions, mais aussi parce que l’unité de l’UMP se fissure, malgré les protestations des intéressés.

Un certain nombre de ténors de l’UMP risquent d’affronter des difficultés sérieuses, et notamment Xavier Bertrand dans l’Aisne, un département sinistré, l’un des rares qui affichera une croissance négative en 2012 … et XB malgré son entregent et sa proximité au pouvoir, n’y a rien pu faire : mais le pouvait-il seulement ? Rien n’est moins sûr, et les électeurs ne manqueront pas de s’interroger sur les capacités de XB à faire rebondir un département sinistré lors qu’il n’a plus désormais un poste au gouvernement et l’amitié d’un président de la République pour l’en empêcher.

Frère Bertrand, un faux-ami

Xavier Bertrand est un homme paradoxal : une rondeur bonhomme et a priori sympathique qui cache un véritable tueur, précis, implacable et teigneux : c’est un faux gentil et un vrai méchant,  un « faux-ami » mais un vrai « frère » (mais seulement pour les Francs-Maçons) … Bref un homme dont même ses « amis » ont appris à se méfier, peut-être même plus que ses ennemis.

Ses anciens « amis » ne tarissent pas d’éloges et de marques d’affection pour un XB qui n’en demande sûrement pas tant. Les sobriquets dont on l’affuble à l’UMP vont de l’attendrissant (« Chouchou », Gentil XB »), à l’avilissant et immérité (« lèche-bottes ») … jusqu’au carrément inquiétant (« Porte-flingue », « Scareface ») … Ils disent assez l’estime et l’amitié qu’il semble inspirer au sein de sa propre famille politique.

Mais qu’est-ce qui peut susciter un tel déferlement de sympathie et d’admiration ? Son sens de l’humour, son esprit de camaraderie ou bien encore son célèbre goût pour la déconnade ? En tout cas ce n’est apparemment pas son sens de la fidélité et son engagement désintéressé.

En son temps, Vincent Savelli, un « ex ami », 18 ans secrétaire de circonscription du mouvement gaulliste, avait exprimé tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : « Xavier Bertrand ne fait pas de la politique par conviction, il fait carrière dans la politique ». On ne pourrait rêver plus bel éloge pour convaincre des électeurs de la sincérité et de la justesse des convictions de XB. Vincent Savelli claquera la porte de l’UMP le jour même de la confirmation de XB au poste de Secrétaire Général, sans doute un ultime gage d’affection. Jean-François Coppé et Brice Hortefeux, et bien d’autres camarades ne démentiraient pas cette opinion sur un homme envers lequel ils éprouvent manifestement une amitié et une admiration sincères ; eux aussi ils claqueraient bien la porte de l’UMP, mais plutôt au nez de XB.

Alors, on peut sérieusement se demander si Xavier Bertrand, un homme si bien entouré de tant d’amis, n’est pas le candidat idéal pour les législatives dans l’Aisne, où il risque de consacrer beaucoup plus d’énergie à garder ses amis qu’à se garder de ses adversaires politiques, déjà fort nombreux. Et en cas de succès, on se pose la question de savoir comment il réussira à redonner une dynamique au département avec des appuis aussi fiables que sincères dans les propres rangs de l’UMP.

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