Les grandes manœuvres ont commencé pour la conquête de la
présidence de l’UMP, et les velléités de candidatures comme les ralliements se multiplient.
François Fillon, ex premier ministre s’est déjà déclaré et il ne fait aucun
doute que Jean-François Copé sera son adversaire les 18 et 25 Novembre ; sa
candidature devrait être annoncée officiellement fin Août (les modalités sont à
l’étude, pour qu’elle soit une démonstration de force directement légitimante).
Alain Juppé quant à lui, passe manifestement et prudemment la main, faute d’une
adhésion franche et massive à son esquisse de projet pour l’UMP.
L’affrontement annoncé n’est pas seulement un duel entre
deux hommes qui ne s’apprécient guère, mais une bataille entre deux projets
pour la recomposition de la droite impliquant des positionnements opposés et des
valeurs différentes. Ce duel est le véritable enjeu de Novembre, et l’on ne
peut que s’interroger sur la multiplication des projets de candidature de
seconds couteaux qui tendent à brouiller les cartes. Ainsi voit-on ces derniers
jours, des candidats putatifs déclarer qu’ils pourraient se présenter au
suffrage des militants : Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet et Xavier
Bertrand tâtent le terrain dans les fédérations.
Difficile pourtant d’être candidat quand il faut trouver
deux partenaires pour former un trio crédible, et obtenir le parrainage de
presque 8000 militants ; dès lors quel sens accorder à ces candidatures
potentielles ?
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Bruno Le
Maire, ancien ministre de l’Agriculture et député de l’Eure, envisage de
poser sa candidature fin Août si les propositions qu’il a élaborées pour le
projet politique de l’UMP n’étaient pas reprises par Copé ou Fillon ;
pourtant, on voit mal comment il pourrait réunir les parrainages nécessaires et
quelles personnalités seraient susceptibles de le rejoindre (Valérie Pécresse sollicitée,
a déclinée et s’est rallier à François Fillon) ; sa démarche relève donc d’une
très classique stratégie de chantage. Gageons qu’il sera rapidement rassuré par
l’un ou l’autre des duellistes. Au-delà, Bruno Le Maire voit tout le danger que
représentera l’affrontement des deux personnalités pour une présidence de l’UMP
dont chacun sait qu’elle sera déterminante pour la candidature à la
présidentielle de 2017 : le risque de faire l’impasse sur le
positionnement et la stratégie politique de l’UMP à l’heure où il faut qu’elle
se reconstruise dans l’opposition plutôt que d’engager des primaires (http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Interview-de-la-semaine-Le-Maire-Je-ne-me-lancerai-pas-dans-une-aventure-solitaire-525397
)
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Nathalie
Kosciusko-Morizet fait actuellement le tour des fédérations pour évaluer
son projet de candidature : elle devrait vite être fixée et pas
nécessairement positivement. Dès lors, son positionnement au sein de la
campagne va devenir délicat : Elle voue une vraie détestation à Copé mais
comment rallier Fillon quand Valérie Pécresse a préempté la place de choix ?
Pour elle également, il s’agit à travers son éventuelle candidature, de
désamorcer ce qui s’annonce comme un duel entre deux personnalités antagonistes
au détriment du débat d’idées et du choix de la ligne politique de l’UMP. (http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/07/03/97001-20120703FILWWW00573-ump-nkm-d-accord-avec-juppe.php
)
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Xavier
Bertrand, ancien ministre du travail et député de l’Aisne, est sans doute
des trois, le plus crédible à poser une candidature qui ait une chance de
passer le barrage des parrainages et de rallier autour de lui quelques
personnalités en déshérence entre Copé et Fillon. Néanmoins, cette candidature
potentielle est directement conditionner par le projet de XB d’être candidat
déclaré en 2016 ; en somme, une candidature qui a peu à voir avec la
refonte du parti et son projet politique, et beaucoup avec la seule stratégie personnelle
de Xavier Bertrand d’être investi pour la présidentielle de 2017. Il devrait néanmoins
méditer les réflexions de François Baroin qui mettait dernièrement en garde les
candidats contre l’erreur fatale de vouloir « utiliser
le parti à des fins personnelles » et de considérer que le congrès de
l’UMP de Novembre serait une Primaire anticipée. ( http://www.liberation.fr/politiques/2012/07/11/pour-baroin-le-president-de-l-ump-devra-demissionner-en-2016_832631
)
Ainsi, les candidatures potentielles de Le Maire et
Kosciusko-Morizet constituent des mises en garde fortes sur le risque réel que
le duel Copé-Fillon pour la présidence du parti ne devienne une Primaire
officieuse et fasse une impasse lourde de conséquences sur un débat d’idées et
une redéfinition de la ligne politique qui s’avèrent vitaux pour l’UMP. La
candidature éventuelle de Xavier Bertrand par contre, répond à une logique
inverse qui , si elle s’impose, provoquera une crise grave au sein du parti d’opposition.
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