samedi 4 février 2012

De l'information à l'influence


De l’information à l’influence

« Bonheur d’offrir, plaisir de recevoir » : Depuis le 06 Mai 2007, une véritable pluie de légions d’honneur s’est abattue sur les amis du Président :  Robert Bourgi, Charles Beigbeder, Christine Ockrent, l’incontournable Alain Minc, le conseiller controversé de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, Pierre Giacometti (les sondages sont utiles), Isabelle Balkany, Vincent Bolloré, Nicolas Bazire (LVMH), sans oublier le soutien des débuts, dont il a d’ailleurs été l’avocat, Jacques Servier, président des Laboratoires Servier, ayant produit le Mediator, et qu’il élève à la dignité de Grand-Croix.

On peine à comprendre la logique de d’attribution de la plus haute distinction française, à la plupart de ces personnages publics, sinon à penser que la définition du mérite, « en dehors de toute considération sociale ou héréditaire », s’est perdue en chemin …. Et cela, malheureusement, ne date certes pas de l’avènement de Sarkosy au pouvoir. Mais on peut se poser la question de l’incidence à long terme de ces pratiques, sur la confiance du citoyen dans les institutions, et sur son comportement électoral.

Il semble admis et apparemment accepté, que les fondements de la démocratie ne reposent plus sur les vertus républicaines, mais sur les intérêts des puissants. Les « réseaux d’influence » structurent désormais la vie politique et économique à toutes les échelles de la République, des Ministères aux mairies, en passant par le parlement et les conseils régionaux ou généraux.

Bien sûr, on peut compter sur le « 4ème pouvoir », celui de la Presse, pour dénoncer les dérives de ces pratiques et « informer » le citoyen (dans une sorte de théorie libérale de l’autorégulation des pouvoirs), mais le peut-on vraiment ? On est en droit de s’interroger :

-          L’indépendance éditoriale de certains médias « de référence » peut être sérieusement questionnée, quoiqu’ils s’en défendent avec une grande conviction, compte tenu de l’identité de leurs actionnaires ; on ne les citera pas ; chacun les connaît.

-          Chaque journaliste sait bien qu’aujourd’hui, l’information, c’est de l’influence, qui s’achète et qui se vend. Une partie d’entre nous en fait un « commerce » particulièrement lucratif, contre toute déontologie ; bien sûr, il n’y a pas de contrepartie financière, mais plutôt en termes de pouvoir, de notoriété, d’influence.

-          La logique même de la « production » de l’information journalistique ne manque pas de poser des questions : la duplication des dépêches à l’identique, reprenant les mêmes formules au mot près, couplée avec l’inflation des supports de diffusion notamment sur le Web, grave les messages dans le marbre, fussent-ils erronés ou pour le moins, sujet à caution et susceptible d’un minimum de regard critique.

Le citoyen n’étant pas dupe, on ne s’étonnera pas qu’il se détourne de la vie politique, qu’il adopte une posture d’extrême méfiance vis-à-vis des médias, et que finalement, il devienne simple spectateur d’une scène dont il ne fait plus partie … mais peut-être est-là le véritable dessein de cette oligarchie installée confortablement à la tête de la République : neutraliser une fois pour toute la seule variable qu’ils ne contrôle pas : les citoyens.

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