Année 2012 : de la crise financière à la crise de l’état
Il est d’usage de saluer la nouvelle année en déclinant à
l’envie les espoirs et les promesses de changement, après un bilan de l’année
qui s’achève, invariablement déséquilibré entre de toujours trop rares progrès,
exploits, espoirs et vraies émotions, et la litanie habituelle de drames et son
cortège de guerres, massacres et scandales.
2011 ne déroge pas à la règle : le bilan laisse un
arrière-goût d’inachevé, de doute et, il faut bien le reconnaître, de désespoir
pour un nombre considérable de personnes.
En positif, l’immense espoir porté par les révolutions du
monde arabe qui, contre toutes attentes, ont renversé des despotes (par
ailleurs « amis » de la France ou du moins de sa diplomatie). En
positif, aussi peut-être, le mouvement international des indignés, comme un
espoir de mobilisation contre la logique impitoyable des marchés. Ces hommes et
ces femmes ne font pas l’actualité, mais la grande histoire, et on peut s’en
réjouir, malgré les menaces qui pèsent sur ces vaillantes petites flammes
d’espoir.
En négatif, la liste est malheureusement plus longue :
La crise qui n’en finit pas depuis 2008, et qui mute d’un
Krach bancaire à un problème de dette des états, avec la désagréable impression
que les démocraties sont dans la main des marchés.
Le chômage et les inégalités qui ne font que croître, et qui
signent la réalité d’un rapport de force déséquilibré entre les nations et
l’oligarchie financière mondialisée.
Le Tsunami sur les côtes Japonaises, et la catastrophe de
Fukushima qui ravive le spectre de la menace absolue et terrifiante de l’atome,
et surtout des problèmes évidents de maîtrise de cette énergie malgré les
discours rassurants des responsables politiques depuis des dizaines d’années.
Les « scandales » qui ont émaillé cette année
2011 : l’affaire DSK, les rebonds de l’affaire Karachi et de l’affaire
Bettencourt, l’affaire Mediator des Laboratoires Servier et celle des PIP. Des
« affaires » qui ont fortement ébranlé le système politique et le
système de de Santé, et érodé un peu plus, s’il était possible, la confiance
dans les institutions.
L’année 2011 s’achève-t-elle vraiment ? Chacun de ces
évènements, chacune de ces affaires connaîtra des développements en 2012 et
pour certains, au-delà. 2012 sera le prolongement de 2011, et peut être plus
que dans les années passées, cette continuité sera particulièrement marquée.
En effet, plus que jamais, l’ampleur de la crise,
l’importance des enjeux, et surtout les sentiments de désespoir, d’indignation
et de révolte laissent augurer des changements majeurs dans le comportement des
citoyens et annoncent de évolutions majeures sur le plan de la politique, de
l’économie et de la société.
La question qui est désormais au centre de la crise, est
celle de l’état, de la représentativité, du rapport des peuples à leurs « élites »,
marqué par un divorce radical, et qui devrait rendre les prochaines échéances
électorales fort dangereuses pour les partis de gouvernement.
A la prophétie d’une nouvelle année « 2011 Bis Repetita
Placent », d’accentuation de la crise, pourrait en fait se substituer une radicale nouveauté,
seule capable de redonner un souffle à des modèles politico économiques qui ont
clairement montré leurs limites.
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